Historique de la Graphologie

Les premiers ouvrages sur la graphologie datent du XVIIème siècle, de 1622 pour être plus précis. Cela s'explique par le fait qu'à partir de l'imprimerie, l'écriture est devenue un moyen de communication beaucoup plus accessible et non réservée à une élite. La profusion soudaine des écrits a permis un système comparatif.

Camillo Baldi, en 1622 (Italie) publia « L'Art de connaître à l'examen d'une lettre missive, les mœurs et les habitudes du scripteur ». L'espace et le style sont étudiés et reliés au caractère de l'individu.
Leibnitz s'attacha « au tempérament naturel » tandis que Lavater, sur les conseils de Goethe, approfondit la physiognomonie* et l'observation des écritures en mettant en avant les « différences nationales » . Il souleva la question de l'appréciation. Puis vint le tour d'autres illustres personnes qui se penchèrent sur cette recherche passionnante :

Stephen Collet (Angleterre) - Edgar Poe - Walter Scott - Édouard Hocquart

Chacun d'entre eux fit des allusions sur « l'analogie admirable entre le langage, la démarche et l'écriture » (Lavater 1806)
Les amateurs de graphologie furent nombreux. Parmi eux, nous comptons George Sand, Balzac, Flaubert, Musset, Freud, Jung.

L'Abbé Michon (1806-1881)

Abbé Michon

Cependant, il est curieux de constater que celui qui a fait faire un grand pas à la graphologie est un Abbé. L'Abbé Michon fut remarquable par son esprit de bienfaisance envers les autres.
En effet, il se spécialisa dans diverses sciences. Il devint botaniste et s'intéressa aux valeurs médicinales des plantes. Puis il devint historien et archéologue. Toutes ses expériences n'ont fait que tendre vers la démocratisation de la science. Il apprit le latin, le grec, l'hébreu et l'écriture de l'Égypte ancienne.
En 1848, ayant abandonné le Ministère paroissial pour divergence d'opinion, il se tourna vers l'enseignement, au collège des Thibaudières, où il rencontra l'Abbé Flandrin qui lui transmit ses convictions sur la graphologie. A partir de ce moment, l'Abbé Michon, très intéressé par cette méthode, recueillit toutes les informations nécessaires à l'élaboration d'un système et publia le premier numéro d'un journal intitulé
« le journal de l'Autographe » qui suscita, dès sa parution, un grand intérêt. Cette revue existe toujours : « La graphologie ». Il s'intéressa même à « l'histoire de Napoléon d'après son écriture ».
Entre-temps, il se retrouva sans travail, sans argent et devint Prêtre interdit. Mais il continua ses recherches dans une cabane. Puis il publia son premier livre « Les mystères de la graphologie ». En quelques semaines, ce fut la gloire. Il publiera également :

  • « La graphologie ou l'art de reconnaître les hommes par l'écriture » (1872).
  • « Système de Graphologie » (1875).

C'est donc bien à l'Abbé Michon que nous devons l'appellation « Graphologie », contraction de deux mots grecs signifiant « Traité de l'écriture » et « science, discours ».

Il décéda en 1881 sans avoir le temps de perfectionner le système de graphologie qu'il pressentait comme une véritable science. Sur sa tombe est inscrite l'effigie suivante : « Abbé J.H. Michon, Écrivain, Archéologue et Graphologue ».
Ses théories, controversées par ses successeurs se basaient sur 2 grands principes :

Le principe de « la fixité des signes » :
A la caractéristique de l'écriture correspond un trait de caractère et nul autre, fixé et figé.

  • Le principe « du signe négatif » :

Cette théorie est basée sur le principe des contraires.
(ex. : si le tracé ne révèle pas la générosité, c'est que le scripteur* est avare).

Sans aucun doute, vous constatez toutes les limites de cette position réductrice.

Jules Crépieux-Jamin (1858-1940)

Jules Crépieux-Jamin

C'est bien à partir des travaux de l'Abbé Michon que Jules Crépieux-Jamin pu élaborer une classification très poussée des différents types d'écritures. Si L'Abbé Michon fut le précurseur de la graphologie, Jules Crépieux-Jamin en fut le réel fondateur. Son travail et ses recherches aboutissent à de véritables lois, règles et codes sur lesquels tout graphologue doit aujourd'hui encore s'appuyer. Le résultat de son travail paraît dans un ouvrage devenu une véritable référence l'ABC de la graphologie de Crépieux-Jamin (1929).

Cette œuvre a développé le vocabulaire graphologique et a proposé une classification des signes graphiques qui indique des pistes d'interprétation psychologique.

L'ABC de la graphologie énonce quinze règles « dont le graphologue doit s'inspirer s'il veut obtenir les meilleurs résultats ». Ces règles recommandent notamment qu'il ne faut pas s'engager à fond dans un examen graphologique sur un seul échantillon d'écriture, qu'il faut classer les caractéristiques graphiques par ordre d'intensité, etc. Ces principes sont encore mentionnés et utilisés par les graphologues francophones actuels.

Bibliographie

  • L'écriture et le caractère, (1888)
  • La graphologie en exemples, (1898)
  • Les Bases fondamentales de la Graphologie et de l'expertise en écritures, (1921)
  • L'Age et le sexe dans l'écriture, (1924)
  • Les éléments de l'écriture des canailles, (1925)
  • L'ABC de la graphologie, (1929)
  • Libres propos sur l'expertise en écritures et les leçons de l'Affaire Dreyfus, (1935)
  • Traité Pratique de Graphologie, (1948)